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LA BOURSE DE FRET (BdF)

Instrument indispensable pour la régulation du marché des transports, la BdF peut être définie comme le lieu de rencontre entre l'offre et la demande, c'est à dire la photographie en un instant donné du marché des transports routiers de marchandises, tous types confondus.

Dans cette organisation, la demande est représentée par les commissionnaires de transport et/ou les chargeurs qui ont un besoin d'effectuer un transport de marchandises et placent leur demande sur la Bourse. Par rapport à cette demande exprimée, les transporteurs peuvent proposer rapidement une offre de transport (charge totale ou partielle).

Ainsi, les demandes de transport peuvent être traitées grâce à une accessibilité permanente et en temps réel des offres qui sont constamment mises à jour.
La demande peut être exprimée en termes descriptifs (type de marchandise, type d'emballage, dimensions, etc.), quantitatifs (tonnage, volume, lieux de chargement et de déchargement), mais également qualitatifs à négocier (délai d'enlèvement souhaité, délai de route, itinéraires, charge partielle ou totale, programme prévisionnel, assurance marchandise complémentaire à la police de base généralisée, prix, prix préférentiels, etc.). L'acceptation des conditions du chargeur ou du commissionnaire en transport par le transporteur constituera le contrat de transport, la Bourse jouant ainsi un rôle témoin dans le domaine des prix et de la qualité de service.

Tous les intervenants du transport routier de marchandises ("gros" transporteurs, commissionnaires en transport importants, chargeurs "grands" consommateurs de transport) et quelques opérateurs stratégiques (assureurs, banques) peuvent être les initiateurs de la BdF qui serait alors créée sous forme de société civile ouverte à d'autres actionnaires. Les produits de la BdF viendront essentiellement de la contribution financière, sous forme de cotisation d'adhésion par exemple, des utilisateurs (transporteurs, commissionnaires, chargeurs) de la bourse.


Si le passage des transactions en transport routier de marchandises par la BdF était rendu "obligatoire", il serait aisé de constituer une banque de données nationale sur :
les flux de marchandises (inter et intra wilayas, régionaux et nationaux),
la nomenclature des marchandises transportées,
la typologie des moyens utilisés,
les tonnages transportés,
le taux d'utilisation des véhicules,
les prix moyens de transport,
les tonnes kilométriques,
la distance moyenne de transport,
les pics saisonniers,
les "tronçons" les plus utilisés,
et bien d'autres paramètres.


Le "croisement" des différentes données peut être une source inestimable d'investigations pour différents secteurs d'activité. A titre d'exemple, on peut savoir d'où à où "un produit donné" a été transporté, dans quelles quantités et pendant combien de temps. Reproduit graphiquement sur une carte géographique avec des couleurs appropriées par rapport à des éléments de référence (période, norme, produit additif, etc.), on peut mettre en évidence une activité inaccoutumée, des phénomènes non évidents, des résultats non attendus.


L'action institutionnelle pourrait rendre "attractif" le passage de toute transaction en transport routier de marchandises par la BdF. Cela peut se réaliser au moyen de mesures (fiscales et/ou parafiscales par exemple) qui inciteraient les différents opérateurs à y recourir. Une telle disposition de la législation régissant le transport routier de marchandises, en faveur de la création de la BdF nationale, pourrait déboucher sur :
la normalisation et la transparence des transactions et des relations entre chargeurs et transporteurs,
la généralisation du contrat de transport,
une meilleure organisation de l'accès à la profession,
la standardisation des documents de transport (la feuille de route, notamment).

L'information étant une ressource essentielle pour le monde industriel, les données sur la demande et l'offre sont capitales pour les gens de la profession mais également pour les nombreux consultants et experts internationaux et bien entendu pour les décideurs : ministères, directions des transports de wilaya, le Trésor, organes de planification, instituts spécialisés, revues spécialisées, offices des statistiques, chercheurs, universitaires, etc.


En appuyant la création de la BdF, les pouvoirs publics qui continueront à exercer leurs attributions de réglementation, de régulation, de contrôle ainsi que d'encadrement du développement économique du pays, créeront par ce biais les conditions les plus favorables à la promotion de ce secteur stratégique qui s'enrichira d'un instrument d'analyse aussi précieux que nécessaire.

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